Etudier à Budapest

Budapest

Après vous avoir expliqué le fonctionnement du système éducatif et des formalités d’admission en Hongrie, nous vous présentons l’interview de Frédéric, qui a fait le choix de partir étudier à Budapest. Il nous fait partager les moments forts de cette expérience unique !

Quelles furent tes motivations pour partir étudier à l’étranger ?

Comme beaucoup, j’avais le cliché de “l’Auberge Espagnole” en tête avec tout ce que cela induit : la possibilité de rencontrer des gens issus des quatre coins du monde dans une ambiance plutôt décontractée (une année en Erasmus est rarement très intensive, je ne vous apprends rien !) et découvrir une autre culture.

Pourquoi as-tu choisi d’étudier à Budapest ?

Avant de partir, quand je répondais aux gens qui demandaient où je partais, souvent la réaction à ma réponse était “La Hongrie ???” avec des yeux grands ouverts. J’avais déjà une justification à ça et elle est encore plus vraie : le voyage !

Budapest est le tremplin parfait pour visiter tous les pays de l’Europe de l’Est (Autriche, République Tchèque, Slovaquie, Pologne, Roumanie, Serbie, Bosnie, Croatie, Slovénie) et pourquoi pas un peu plus loin ? La vie et particulièrement les moyens de transports y sont moins chers qu’ailleurs ; équipé d’une bonne tente il est possible de partir en vadrouille tous les weekends, ce que j’ai essayé de faire au maximum.

Autre avantage : je voulais améliorer mon anglais et ici les cours sont dispensés en Anglais. Certes, il n’est pas toujours évident de se retrouver dans un pays où l’on ne parle pas du tout la langue (le Hongrois est particulièrement difficile), mais les bases finissent par venir et la plupart des commerçants ont un anglais correct.

Le fait de n’être qu’avec des étudiants étrangers (250 rien que dans mon université, la B.M.E.) permet de réellement rencontrer des gens des quatre coins du monde ; bien sûr, se mélanger avec la population locale demande un peu plus d’efforts.

Comment as-tu vécu ton arrivée ?

Je suis venu avec un autre étudiant de mon université directement depuis Lille, en voiture, et via la Belgique, l’Allemagne et l’Autriche…le tout en 15 heures. Donc peu d’appréhension sur les conditions de l’arrivée, je dirais même plutôt de l’impatience d’arriver !

Evidemment, rien ne se déroule jamais comme prévu dans ce genre de situations et l’hôtel où j’avais réservé, et où je devais retrouver les autres étudiants de mon université Hongroise, avait perdu ma réservation et j’ai dû me trouver un autre hôtel ailleurs. Sinon très rapidement, après quelques bières partagées dans les pubs de Budapest le processus d’intégration était lancé !

As-tu eu du mal à trouver un logement ?

Comme je le disais précédemment, j’ai dormi les premiers jours au Martos Hostel (au Sud de Buda près du quartier Gélert), hôtel certes un peu glauque mais qui a l’avantage d’être abordable (10€ la nuit) et vous êtes sûr de toujours y trouver de la place.

Une semaine après seulement, et quelques recherches sur Internet, j’emménageais avec un Allemand et un Franco-Allemand. Les prix dans le centre ville sont très acceptables pour des étrangers (entre 200 et 250€ par mois tout compris) ; mais cela reste très cher pour les Hongrois qui, dans l’ensemble, pratiquent peu la location.

As-tu réussi à facilement te faire des amis ?

Les soirées, organisées par les étudiants hongrois responsables de notre intégration, nous ont permis de très rapidement rencontrer beaucoup de monde.

Comment se passe la rentrée dans une nouvelle faculté ?

La première semaine à l’Université Technologique et Economique de Budapest consiste à remplir des documents administratifs, choisir ses matières et rencontrer ses professeurs. L’encadrement est vraiment parfait et on se laisse guider sans rencontrer aucun problème. Impressionnant de voir d’ailleurs que le système est si bien rôdé puisqu’il y a tout de même 250 nouveaux étudiants à gérer !

Qu’est-ce qui t’a changé à l’Université Technologique et Economique de Budapest ?

Ici mon rapport avec les professeurs était très différent. En France il y a vraiment une relation professeur-élève très marquée avec le respect qui est censé en découler. Ici on peut quitter le cours quand on veut, y compris pour répondre au téléphone ; le professeur s’excuse de vous annoncer que vous avez raté votre examen et est sincèrement désolé pour vous…

Cela change beaucoup de cette impression d’être quelque peu infantilisé en France (tout du moins dans mon université en France), mais l’excès inverse virant au clientélisme n’est pas forcément mieux !

As-tu consulté un classement pour connaître la réputation de l’Université Technologique et Economique de Budapest ?

Non, l’échange était organisé par mon université Française.

Quel type de cours as-tu suivi ?

Etudiant ingénieur en informatique en France, j’ai ici aussi suivi des cours d’informatique avec la particularité de se retrouver à 5 par cours ! Très impressionnant au début mais efficace pour progresser quand une matière vous intéresse.

Les conditions de vie à Budapest sont-elles faciles ?

Économiquement bien sûr la vie est vraiment moins chère qu’en France, même si les différences tendent à se réduire avec l’arrivée prévue de l’Euro en Hongrie. Concernant la météo je m’attendais à un hiver rigoureux, mais je crois que cette année particulièrement chaude a changé la donne.

La vague de froid arrivera sûrement en Janvier ou Février où cela risque d’être beaucoup moins drôle. J’ai aussi été étonné par le peu de précipitations, environ 5 jours de vraie pluie seulement en plus de 3 mois !

Quel plat recommandes-tu ?

La traditionnelle soupe “Goulash”, ou toutes les langos, sorte de pain frit avec crème fraîche et oignons. Les habitudes alimentaires sont réellement différentes : le rayon “saucisses” des supermarchés est sans fin ; en revanche, je vous souhaite du courage pour trouver ne serait-ce qu’un steak haché !

Parle-nous un peu des Hongrois ?

Budapest n’est pas vraiment représentative du reste de la Hongrie, et les Hongrois sont vraiment très semblables aux Français, au moins dans leur apparence. Peuple réputé assez pessimiste et peu souriant, ce qui n’est pas complètement faux à Budapest… mais dans ce cas que dire de Paris ?

Ce qui m’a surpris est leur politesse. Toute femme de plus de 40 ans ou toute personne âgée se verra proposer une place assise dans un tram bondé, y compris par le petit jeune chargé d’un gros sac à dos. Les Hongrois ne sont pas non plus de gros stressés prêts à courir pour attraper le métro qui commence à fermer ses portes : peu importe, un autre arrive après.

Toujours dans le métro, et particulièrement avec l’hiver, le nombre de sans domicile est très, très impressionnant : au moins une dizaine par station de métro. Les soirs particulièrement froids, les bus de nuit se transforment en dortoirs ambulants où les SDF viennent passer un bout de leur nuit au chaud.

Que cela ne vous fasse pas croire qu’il y a une quelconque insécurité à Budapest : je ne me suis rarement senti aussi serein qu’ici. Peu importe l’heure à laquelle je rentre chez moi, je n’ai strictement jamais senti le moindre sentiment d’agressivité à mon égard ; il en est de même pour mes amies qui ne se posent plus de question pour rentrer seules le soir.

Le truc à faire à Budapest ?

Énormément de choses à faire à Budapest ! Pour deux jours typiquement hongrois, je dirai : prendre une pâtisserie aux magasins Princess qui se trouve dans toutes les stations de métro, emprunter la ligne jaune (premier métro d’Europe à la fin du XIXème siècle) en direction des bains de Széchény où, dans une eau à 38°C, vous aurez le choix entre une partie d’échec et un massage.

Rien de tel qu’une petite promenade dans l’un des espaces verts de Budapest (l’Ile Marguerite sur le Danube ou l’ascension de la colline sur laquelle se trouve la citadelle et d’où vous aurez une vue imprenable sur Budapest), avant de s’asseoir au chaud dans l’un de ses restaurants qui servent des spécialités hongroises et où l’on peut se remplir le ventre pour 6€.

Direction le Szimpla ou un autre pub alternatif du même genre pour y boire un vert de Palinka, eau de vie hongroise. S’il ne fallait retenir qu’une chose à faire, bien sûr ce serait les bains, et non pas Gellert comme il est écrit dans de nombreux guides, mais Széchény au Nord-est de la ville.

Merci Frédéric ! Pour toute question, vous pouvez lui poster des commentaires et nous lui ferons suivre. Merci.

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